Retrouvez tous nos conseils dans notre rubrique Se loger.
Le 1er septembre 2026 marque un tournant important pour tous les propriétaires envisageant des travaux de rénovation énergétique. Le dispositif MaPrimeRénov’ connaît en effet une réforme substantielle, avec plusieurs familles de travaux qui sortent du parcours « par geste ». Voici ce qu’il faut savoir pour adapter ses projets de rénovation à ces nouvelles règles.
Six familles de travaux recentrées ou supprimées
Publié fin août, le décret encadrant cette réforme retire du parcours MaPrimeRénov’ « par geste » plusieurs catégories de travaux jusqu’ici largement plébiscitées par les ménages français :
- Certains travaux d’isolation thermique
- Des équipements de ventilation
- Certains équipements de chauffage
- La production d’eau chaude sanitaire dans certains cas
- Le chauffage au bois ou à la biomasse pour une partie des dossiers
Cette réforme majeure traduit une volonté claire des pouvoirs publics : orienter massivement les budgets disponibles vers les rénovations globales et performantes, plutôt que vers des interventions ponctuelles réalisées geste par geste.
Le chauffage au gaz définitivement écarté des aides
Autre changement de taille, à partir de ce 1er septembre, MaPrimeRénov’ n’est plus accordée pour les maisons individuelles qui conservent un système de chauffage au gaz. Cette exclusion s’inscrit dans la logique de décarbonation du parc résidentiel français et incite les propriétaires à se tourner vers des solutions de chauffage plus vertueuses sur le plan environnemental.
Les certificats d’économie d’énergie également recentrés
Le dispositif des certificats d’économie d’énergie (CEE) évolue lui aussi en parallèle. Depuis le 1er septembre, les fiches CEE BAR-TH-174 pour les maisons individuelles et BAR-TH-175 pour les appartements individuels sont désormais recentrées sur les logements dont le diagnostic de performance énergétique (DPE) initial est classé E, F ou G. Les logements mieux classés ne peuvent donc plus prétendre à ces aides spécifiques.
Une question se pose particulièrement pour les propriétaires de logements classés D : ceux-ci pourraient perdre l’accès à certaines aides CEE dans le cadre d’une rénovation d’ampleur, un point qu’il convient de vérifier précisément au cas par cas auprès des organismes concernés avant d’engager des travaux.
Quelles solutions alternatives restent disponibles ?
Malgré ce resserrement des critères, plusieurs solutions demeurent éligibles aux dispositifs d’aide, à condition de bien vérifier les règles spécifiques applicables :
- Les pompes à chaleur air/eau ou géothermiques destinées au chauffage
- Certaines installations solaires thermiques
- Le raccordement à un réseau de chaleur ou de froid urbain
- La dépose d’une cuve à fioul, toujours encouragée financièrement
Anticiper son projet de rénovation avant de se lancer
Face à ces évolutions réglementaires rapides, quelques précautions s’imposent pour tout propriétaire souhaitant engager des travaux :
- Faire réaliser un audit énergétique récent avant de déposer une demande d’aide
- Comparer le parcours « par geste » et le parcours « rénovation d’ampleur » selon la situation du logement
- Solliciter un accompagnateur Rénov’ agréé pour sécuriser son dossier
- Vérifier la classe énergétique exacte du logement (DPE) avant tout dépôt de dossier
Un marché de la rénovation qui reste dynamique
Malgré ce durcissement des critères d’éligibilité, le marché de l’entretien et de l’amélioration de l’habitat devrait continuer de croître en 2026. Les professionnels du bâtiment s’attendent à une réorientation de la demande vers des chantiers plus globaux et mieux structurés, en phase avec les nouvelles priorités affichées par les pouvoirs publics en matière de rénovation énergétique.
Un accompagnement renforcé pour les ménages modestes
Face à ces changements, les ménages aux revenus modestes et très modestes continuent de bénéficier de taux de prise en charge plus avantageux, notamment dans le cadre des rénovations d’ampleur. Il reste donc essentiel de vérifier sa catégorie de revenus auprès de l’Agence nationale de l’habitat (Anah) avant d’estimer le montant des aides mobilisables pour un projet donné.
En conclusion
La réforme de MaPrimeRénov’ entrée en vigueur au 1er septembre 2026 redessine en profondeur le paysage des aides à la rénovation énergétique en France. Les propriétaires ont tout intérêt à se renseigner précisément sur leur situation avant d’engager des travaux, afin de ne pas être surpris par l’exclusion de certains gestes du dispositif ou par les nouvelles conditions d’éligibilité liées au DPE de leur logement.
