Retrouvez tous nos conseils dans notre rubrique Pratique & Administratif. Ce réajustement du barème explique en partie pourquoi le solde prélevé le 26 octobre n’est pas toujours celui que les foyers attendaient.
Chaque année, la loi de finances ajuste le barème de l’impôt sur le revenu pour tenir compte de l’inflation. En 2026, cette revalorisation s’élève à 0,9 %, un chiffre technique qui a pourtant des conséquences bien concrètes sur la feuille d’imposition de millions de foyers.
À quoi sert cette revalorisation
Sans ce mécanisme, les tranches du barème resteraient fixes d’une année sur l’autre. Or, si les salaires et revenus progressent avec l’inflation, mais que les seuils des tranches d’imposition restent inchangés, une part croissante des revenus se retrouverait taxée à un taux plus élevé, sans gain de pouvoir d’achat réel pour le contribuable. C’est ce qu’on appelle l’effet de la non-indexation, un phénomène qui touche en silence des millions de foyers s’il n’est pas corrigé chaque année.
En relevant les tranches de 0,9 %, l’État neutralise une partie de cet effet mécanique pour les revenus qui ont progressé dans la même proportion que l’inflation.
Ce que cela change concrètement
- Le seuil à partir duquel l’impôt commence à être dû est relevé de 0,9 %, ce qui exonère une fraction supplémentaire de foyers aux revenus modestes.
- Les limites de chaque tranche supérieure (11 %, 30 %, 41 %, 45 %) progressent dans la même proportion.
- Un foyer dont les revenus ont augmenté exactement de 0,9 % par rapport à l’année précédente verra son imposition rester globalement stable en proportion.
- Un foyer dont les revenus n’ont pas évolué peut voir son impôt légèrement diminuer, puisque les seuils ont progressé sans que ses revenus ne suivent.
- Un foyer dont les revenus ont fortement augmenté, au-delà de 0,9 %, reste soumis à la progressivité classique du barème sur la part excédentaire.
Pourquoi ce chiffre fait débat
Certains observateurs estiment que 0,9 % reste en deçà de l’inflation réellement ressentie par les ménages sur certains postes de dépenses, notamment l’alimentation et l’énergie, ce qui limiterait la portée de cette mesure pour les foyers les plus modestes. D’autres soulignent, à l’inverse, que ce réajustement reste un acquis non négligeable dans un contexte de maîtrise des dépenses publiques, où une absence totale de revalorisation aurait été envisageable.
Comment savoir où vous vous situez
Le moyen le plus fiable reste de comparer, sur son avis d’imposition, le revenu fiscal de référence de l’année en cours avec celui de l’année précédente, puis de vérifier dans quelle tranche ce montant se situe désormais. Le simulateur officiel disponible sur impots.gouv.fr permet également d’obtenir une estimation précise en quelques minutes, à partir de sa situation personnelle et familiale.
