Comment devenir auto-entrepreneur gratuitement : guide création micro-entreprise

Retrouvez tous nos conseils dans notre rubrique Lois et démarches.

Devenir auto-entrepreneur est aujourd’hui accessible à presque tout le monde, et surtout, cela ne coûte rien. La création d’une micro-entreprise est entièrement gratuite depuis la dématérialisation des procédures. Que vous souhaitiez arrondir vos fins de mois, tester une activité en parallèle de votre emploi salarié ou vous lancer à plein temps dans l’entrepreneuriat, ce statut offre une porte d’entrée simple et sans risque financier immédiat. Voici toutes les étapes pour créer votre auto-entreprise gratuitement.

Qu’est-ce que le statut d’auto-entrepreneur ou micro-entrepreneur ?

Le terme « auto-entrepreneur » est l’appellation populaire du régime de la micro-entreprise, officiellement rebaptisé ainsi depuis 2016. Il s’agit d’un régime simplifié de l’entreprise individuelle, caractérisé par des plafonds de chiffre d’affaires, un régime fiscal allégé et des cotisations calculées proportionnellement aux recettes encaissées. Si vous ne gagnez rien, vous ne payez rien.

Les plafonds de chiffre d’affaires annuel sont fixés à 188 700 € pour les activités de vente de marchandises et 77 700 € pour les prestations de services. Au-delà, vous basculez automatiquement vers un régime classique.

Quelle activité peut-on exercer en micro-entreprise ?

Le régime micro-entrepreneur est ouvert à une très grande variété d’activités : artisanat, commerce, prestations intellectuelles, professions libérales non réglementées, coaching, informatique, rédaction, graphisme, jardinage, cours particuliers, etc. En revanche, certaines professions sont exclues : agriculteurs (relevant du régime MSA), professions libérales réglementées rattachées à la CIPAV comme les architectes ou les experts-comptables dans certains cas, ou encore les activités impliquant une TVA particulière comme la location meublée sous certaines conditions.

Si vous exercez une activité artisanale (plomberie, coiffure, boulangerie…), une inscription au Registre National des Entreprises (RNE) est obligatoire et peut nécessiter un stage de préparation à l’installation, bien que celui-ci soit désormais facultatif dans la plupart des cas.

Les étapes pour s’immatriculer gratuitement

La création d’une micro-entreprise se fait entièrement en ligne depuis le portail officiel de l’INPI : formalites.entreprises.gouv.fr. Ce guichet unique numérique a remplacé les Centres de Formalités des Entreprises (CFE) depuis janvier 2023. Voici le déroulé :

  • Créez un compte sur le guichet unique avec votre adresse e-mail.
  • Remplissez le formulaire de déclaration d’activité : nature de l’activité, date de début, adresse du siège (votre domicile est possible), régime fiscal choisi.
  • Fournissez les pièces justificatives demandées : copie de pièce d’identité, justificatif de domicile, et selon l’activité, une attestation de qualification professionnelle.
  • Validez votre dossier : vous recevez un numéro SIRET sous quelques jours.

Toute cette procédure est gratuite. Méfiez-vous des sites privés qui proposent ce service contre paiement : ils ne sont pas nécessaires.

La domiciliation : peut-on utiliser son adresse personnelle ?

Oui, dans la grande majorité des cas, vous pouvez domicilier votre micro-entreprise à votre adresse personnelle. Si vous êtes locataire, il est prudent de vérifier que votre bail ne l’interdit pas, bien que la loi autorise cette domiciliation pour une durée de 5 ans sans autorisation préalable du propriétaire pour une activité sans réception de clientèle ni de marchandises. Si vous êtes propriétaire, il n’y a aucune restriction. Vous pouvez aussi opter pour une société de domiciliation si vous souhaitez garder une adresse professionnelle distincte, mais cela a un coût.

Le régime fiscal et social de la micro-entreprise

En micro-entreprise, les cotisations sociales sont calculées sur le chiffre d’affaires encaissé, avec des taux forfaitaires : environ 12,3 % pour la vente de marchandises, 21,2 % pour les services commerciaux et artisanaux, et 21,1 % pour les professions libérales relevant de la Sécurité Sociale des Indépendants.

Sur le plan fiscal, vous pouvez opter pour le versement libératoire de l’impôt sur le revenu si vos revenus du foyer ne dépassent pas un certain seuil. Sinon, votre bénéfice imposable est calculé avec un abattement forfaitaire (71 % pour la vente, 50 % pour les services, 34 % pour les libéraux) et intégré à vos revenus globaux.

Les obligations comptables et déclaratives

L’un des grands avantages de la micro-entreprise est la simplicité comptable. Vous n’avez pas besoin de tenir une comptabilité formelle ni de faire appel à un expert-comptable. Vos seules obligations sont : tenir un livre de recettes chronologique, un registre des achats si vous faites de la vente, et déclarer votre chiffre d’affaires mensuellement ou trimestriellement sur le site autoentrepreneur.urssaf.fr.

Si votre chiffre d’affaires est nul sur une période, vous devez quand même déclarer « 0 ». Aucune cotisation ne sera prélevée, mais la déclaration reste obligatoire sous peine de pénalités.

Les aides disponibles pour les nouveaux auto-entrepreneurs

Plusieurs dispositifs peuvent vous aider à démarrer. L’ACRE (Aide aux Créateurs et Repreneurs d’Entreprise) permet de bénéficier d’une exonération partielle de cotisations sociales pendant la première année d’activité. Elle est accordée automatiquement aux demandeurs d’emploi, bénéficiaires du RSA ou de certaines aides sociales. La demande se fait au moment de la création.

Certaines Régions et collectivités proposent également des aides financières, du mentorat ou des formations gratuites pour les nouveaux entrepreneurs. Renseignez-vous auprès de votre CCI (Chambre de Commerce et d’Industrie) ou de votre CMA (Chambre des Métiers et de l’Artisanat) locales pour connaître les dispositifs disponibles dans votre territoire.

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