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Partir travailler à l’étranger est un projet qui séduit de plus en plus de Français, que ce soit pour quelques mois ou pour une installation durable. Mais entre le choix de la destination, les démarches de visa, la couverture sociale et la gestion des impôts, le projet peut vite sembler complexe. Ce guide vous accompagne étape par étape pour travailler à l’étranger sereinement.
Définir son projet : salarié détaché, expatrié ou travailleur indépendant ?
Avant de commencer les démarches, il faut clarifier votre situation. Trois grands cas de figure existent :
- Le salarié détaché : votre employeur français vous envoie travailler dans un autre pays pour une mission temporaire. Vous restez sous contrat français, avec le maintien de votre protection sociale française (sous conditions de durée et de convention bilatérale).
- L’expatrié : vous signez un contrat local avec un employeur étranger, ou votre employeur français vous propose un contrat d’expatriation. Vous relevez alors du droit local et de la protection sociale du pays d’accueil.
- Le travailleur indépendant ou freelance : vous exercez à l’étranger en tant qu’auto-entrepreneur ou sous un statut équivalent local. La situation fiscale et sociale est souvent la plus complexe à gérer.
Le visa de travail : un passage obligatoire
Au sein de l’Union Européenne, la libre circulation des travailleurs vous permet de travailler dans n’importe quel pays membre sans visa spécifique. Vous devrez simplement vous enregistrer auprès des autorités locales si votre séjour dépasse trois mois.
En dehors de l’UE, un visa de travail est indispensable. Les types varient selon les pays :
- Le visa de travail classique : il nécessite souvent une offre d’emploi validée par l’administration locale. C’est le cas aux États-Unis (visa H-1B), au Canada (permis de travail fermé) ou en Australie.
- Le visa Working Holiday : disponible pour les jeunes de moins de 30 ou 35 ans dans des pays comme l’Australie, la Nouvelle-Zélande, le Canada ou le Japon. Il permet de travailler et de voyager simultanément.
- Le visa de nomade numérique : proposé par plus de 50 pays (Portugal, Espagne, Estonie, Thaïlande…), il s’adresse aux télétravailleurs et freelances ayant des revenus réguliers de source étrangère.
Les démarches administratives avant le départ
Plusieurs démarches sont à anticiper bien avant votre départ. Commencez par vous inscrire au registre des Français établis hors de France (Service de l’État Civil et de la Nationalité de votre consulat ou ambassade). C’est gratuit et vous donne accès à des services consulaires.
Informez votre caisse de retraite, la CPAM et éventuellement France Travail de votre départ. Pensez également à prévenir votre banque et à vérifier si vous souhaitez conserver un compte bancaire en France (recommandé pour les virements, les impôts et le retour éventuel).
Si vous êtes propriétaire d’un bien en France, assurez-vous que votre situation fiscale est bien encadrée. Un conseiller fiscal spécialisé dans l’expatriation peut vous éviter des surprises.
La couverture sociale à l’étranger
En tant qu’expatrié, vous perdez en principe votre affiliation à la Sécurité Sociale française. Deux solutions s’offrent à vous : adhérer à la Caisse des Français de l’Étranger (CFE), qui permet de maintenir une couverture maladie, maternité, invalidité et retraite calquée sur le régime français, ou souscrire une assurance santé internationale privée proposée par des compagnies comme April, AXA Expatriés ou Cigna.
Si votre pays d’accueil a signé une convention bilatérale de Sécurité Sociale avec la France (c’est le cas de la plupart des pays européens, mais aussi du Maroc, de la Tunisie, des États-Unis ou du Canada), les périodes cotisées à l’étranger peuvent être prises en compte pour le calcul de votre retraite française.
La fiscalité : où payer ses impôts ?
La question fiscale est souvent celle qui génère le plus d’inquiétudes. En règle générale, vous êtes imposable dans le pays où vous résidez et travaillez effectivement. Si votre foyer fiscal reste en France (conjoint et enfants restés sur place, résidence principale conservée), vous pouvez rester fiscalement domicilié en France.
Pour éviter la double imposition, la France a conclu des conventions fiscales bilatérales avec plus de 120 pays. Elles définissent quel État a le droit d’imposer vos revenus. Consultez impots.gouv.fr ou un expert-comptable spécialisé pour vérifier la convention applicable à votre destination.
Conseils pratiques pour réussir son expérience à l’étranger
Anticiper est le maître-mot. Commencez les démarches de visa au moins trois à six mois à l’avance, les procédures pouvant être longues. Adhérez à des groupes d’expatriés en ligne pour votre destination : ces communautés regorgent de conseils pratiques et de retours d’expérience.
Apprenez au minimum les bases de la langue locale même si vous travaillez en anglais : cela facilite considérablement l’intégration et les démarches du quotidien. Enfin, gardez un oeil sur l’évolution de votre situation pour le retour éventuel en France : carrières, retraite et couverture sociale se planifient sur le long terme.
