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Après plusieurs mois de relative stabilité, le marché du crédit immobilier amorce un nouveau tournant en cette rentrée 2026. Les taux repartent doucement à la hausse, tandis que les prix de l’immobilier ancien montrent des signes de quasi-stabilité à l’échelle nationale. Décryptage de ces évolutions et de ce qu’elles impliquent pour les futurs emprunteurs.
Des taux en légère hausse depuis la rentrée
En ce début septembre 2026, les taux de crédit immobilier poursuivent leur remontée progressive. En moyenne, ils s’établissent désormais autour de 3,43 % sur 15 ans, 3,54 % sur 20 ans et 3,61 % sur 25 ans. Les meilleurs profils, eux, peuvent encore négocier des conditions plus avantageuses, avec des taux allant de 2,75 % sur 10 ans à 3,20 % sur 25 ans pour les dossiers les plus solides.
La période de stabilité observée ces derniers mois semble donc bel et bien terminée avec cette rentrée. Sur les prêts à 20 ans, la hausse constatée est de l’ordre de 5 points de base par rapport aux mois précédents. Si cette progression reste modérée et sans commune mesure avec les hausses brutales connues par le passé, elle marque néanmoins la fin d’une période de répit pour les emprunteurs.
Pourquoi les taux remontent-ils ?
Cette remontée s’explique en grande partie par l’évolution des taux obligataires français. La hausse de l’OAT (Obligation Assimilable du Trésor) à 10 ans au-dessus de la barre des 4 % fait craindre un renchérissement plus marqué du crédit d’ici la fin de l’année. Les banques, qui se refinancent en partie sur ces marchés, répercutent progressivement cette évolution sur les taux proposés aux particuliers.
Le contexte des finances publiques françaises pèse également dans la balance : les agences de notation, tout en maintenant leur évaluation de la dette française, révisent leurs prévisions de déficit à la hausse pour les prochaines années, ce qui alimente la prudence des marchés financiers.
Des prix globalement stables sur un an
Du côté des prix de l’immobilier ancien, la tendance nationale est à la quasi-stabilité, avec un recul limité à 0,6 % sur un an à fin juillet. Cette évolution masque toutefois des disparités selon les types de biens : les maisons individuelles reculent légèrement (-0,9 %), tandis que les appartements résistent mieux avec une quasi-stabilité (-0,3 %).
De fortes disparités régionales
Les conditions d’emprunt varient sensiblement selon les régions. L’Île-de-France et les Pays de la Loire arrivent en tête avec les taux négociés les plus avantageux, autour de 3,12 % sur 25 ans pour les meilleurs dossiers. À l’inverse, la Corse et la région Provence-Alpes-Côte d’Azur affichent les conditions les moins favorables, avec des taux sensiblement plus élevés pour un profil équivalent.
Ce que ces évolutions changent pour votre projet
- La remontée des taux, même modérée, réduit mécaniquement la capacité d’emprunt à mensualité égale ;
- La stabilité relative des prix peut compenser en partie cet effet, notamment sur les appartements ;
- Les disparités régionales restent importantes : un même profil emprunteur n’obtiendra pas les mêmes conditions selon sa localisation ;
- Faire jouer la concurrence entre banques, voire passer par un courtier, reste plus que jamais pertinent dans ce contexte de hausse.
Faut-il attendre pour emprunter ?
Face à cette remontée progressive des taux, la question se pose légitimement pour de nombreux ménages : vaut-il mieux emprunter maintenant ou patienter ? Les spécialistes du secteur soulignent que si la tendance haussière se confirme d’ici la fin de l’année, attendre pourrait se traduire par des conditions encore moins favorables. À l’inverse, la stabilité relative des prix de l’immobilier ancien peut représenter une fenêtre d’opportunité pour les acheteurs disposant d’un apport solide et d’un dossier bien préparé.
Dans tous les cas, il reste essentiel de comparer plusieurs offres, de soigner son dossier (apport personnel, stabilité professionnelle, taux d’endettement) et de ne pas hésiter à négocier, y compris sur l’assurance emprunteur, poste souvent sous-estimé dans le coût total d’un crédit immobilier.
