Pénuries de médicaments : comment leur nombre a été multiplié par 20 en douze ans

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Le chiffre a de quoi marquer les esprits : comme le rappelle notre article sur l’ampleur des pénuries de médicaments, leur nombre a été multiplié par vingt en douze ans en France. Comment expliquer une telle trajectoire ?

Une production largement délocalisée

Une partie importante des principes actifs utilisés dans la fabrication des médicaments vendus en France n’est plus produite sur le territoire européen depuis plusieurs années. Cette dépendance à des sites de production éloignés, souvent concentrés dans un nombre restreint de pays, fragilise mécaniquement toute la chaîne en cas de difficulté de production ou de transport.

Les principaux facteurs identifiés

  • Une concentration des fabricants de principes actifs, qui laisse peu de marge en cas d’incident sur un site de production.
  • Des flux tendus dans la gestion des stocks, privilégiés pour des raisons économiques au détriment de la résilience du système.
  • Une demande mondiale croissante, qui met parfois en concurrence directe plusieurs pays pour l’accès à certains traitements.

Une prise de conscience progressive des pouvoirs publics

Face à cette trajectoire inquiétante, les discussions sur une éventuelle relocalisation partielle de la production pharmaceutique en France et en Europe ont pris de l’ampleur ces dernières années. Un chantier de long terme, qui ne pourra pas à lui seul résoudre l’ensemble des tensions observées à court terme sur certains traitements.

Ce que ça implique pour les prochaines années

Tant que la chaîne de production pharmaceutique restera aussi concentrée géographiquement, le risque de nouvelles pénuries continuera de peser sur le système de santé français. C’est précisément ce constat qui a poussé les sénateurs à se saisir du sujet, avec l’espoir de mieux anticiper et gérer ces situations à l’avenir.

Un défi structurel, loin d’être propre à la France, mais qui touche directement le quotidien de millions de patients chaque année.

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