Créer une entreprise artisanale : guide complet des démarches et investissements

Retrouvez tous nos conseils pratiques dans la catégorie Lois et démarches pour mieux comprendre vos droits et les procédures administratives en France.

L’artisanat représente un pilier essentiel de l’économie française, avec plus de 1,6 million d’entreprises artisanales et près de 3,3 millions de salariés. Que vous souhaitiez vous lancer dans la boulangerie, la menuiserie, la coiffure ou la plomberie, la création d’une entreprise artisanale répond à des règles spécifiques qu’il est indispensable de connaître avant de se lancer.

Qu’est-ce qu’une entreprise artisanale ?

Une entreprise est considérée comme artisanale lorsqu’elle emploie moins de dix salariés et exerce une activité de production, de transformation, de réparation ou de prestation de service relevant de l’artisanat. Les secteurs concernés sont regroupés en quatre grandes familles : l’alimentation (boucher, pâtissier, traiteur), le bâtiment (maçon, électricien, plombier), la fabrication (bijoutier, ébéniste, potier) et les services (coiffeur, esthéticienne, réparateur).

Les qualifications requises pour exercer

Contrairement aux idées reçues, l’artisanat n’est pas libre à tous. Certains métiers dits « réglementés » exigent des qualifications professionnelles spécifiques pour protéger les consommateurs. C’est le cas de l’électricité, du gaz, de l’entretien et réparation des véhicules, de la coiffure, de la prothèse dentaire, des soins esthétiques à la personne et de l’entretien à domicile auprès des personnes âgées ou handicapées.

Pour ces métiers, vous devez justifier d’un CAP, BEP, brevet de maîtrise ou d’une expérience professionnelle de trois ans dans le secteur concerné. Sans qualification, vous pouvez employer un salarié qualifié qui assurera la direction technique des travaux.

L’immatriculation au répertoire des métiers

Depuis janvier 2023, le guichet unique de l’INPI (Institut national de la propriété industrielle) centralise toutes les formalités de création d’entreprise, y compris pour les artisans. L’immatriculation au répertoire des métiers (RM) est obligatoire avant de démarrer votre activité. Les démarches se font entièrement en ligne sur le site formalites.entreprises.gouv.fr.

Le coût de l’immatriculation est de 45 euros pour une entreprise individuelle et de 65 euros pour une société. Vous devrez fournir votre pièce d’identité, une déclaration sur l’honneur de non-condamnation, une attestation de qualification professionnelle si votre métier est réglementé et un justificatif de domicile ou d’adresse du local professionnel.

Choisir le bon statut juridique

La micro-entreprise (auto-entrepreneur)

La micro-entreprise est le statut le plus simple pour se lancer. Les formalités sont minimales, la comptabilité allégée et les charges sociales calculées sur le chiffre d’affaires réel. En 2024, le plafond de chiffre d’affaires est fixé à 77 700 euros pour les prestations de services et 188 700 euros pour la vente de marchandises. Ce statut convient bien pour tester son activité ou pour une activité complémentaire.

L’entreprise individuelle classique

L’entreprise individuelle permet de bénéficier d’une protection du patrimoine personnel grâce à la séparation légale entre biens professionnels et personnels, instaurée par la réforme de mai 2022. C’est un statut intermédiaire entre la micro-entreprise et la société, adapté aux artisans dont l’activité dépasse les plafonds de la micro-entreprise.

La société (SARL, SAS)

La création d’une société est conseillée lorsque vous vous associez avec d’autres personnes, lorsque votre activité nécessite des investissements importants ou lorsque vous souhaitez une séparation nette entre patrimoine professionnel et personnel. La SARL artisanale reste le statut le plus courant dans le secteur.

Les aides financières disponibles

De nombreuses aides existent pour accompagner la création d’entreprises artisanales. L’ACRE (aide aux créateurs et repreneurs d’entreprise) permet une exonération partielle de charges sociales pendant la première année. L’ARCE permet aux demandeurs d’emploi de percevoir leurs allocations chômage en capital pour financer leur projet. Les chambres de métiers et de l’artisanat (CMA) proposent également des prêts d’honneur sans intérêts ni garantie via le réseau Initiative France.

N’oubliez pas de vous renseigner auprès de votre région, qui finance souvent des aides spécifiques à l’artisanat local : aide à l’investissement en matériel, prime à l’installation dans les zones rurales, ou encore accompagnement à la numérisation des entreprises artisanales.

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