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Depuis l’annonce de la suspension de la réforme des retraites, détaillée dans notre article sur ce qui change pour les personnes nées en 1964, de nombreuses approximations circulent. Certaines présentent la réforme comme totalement abrogée, d’autres comme pleinement en vigueur à 64 ans pour tout le monde. Ni l’une ni l’autre de ces lectures n’est exacte. Voici ce que cette suspension ne change pas.
Non, la réforme n’est pas totalement abrogée
La suspension votée dans le PLFSS 2026 ne supprime pas la réforme de 2023. Elle en gèle temporairement la montée en charge pour les générations les plus proches de la retraite, à commencer par celle de 1964. Le ministère du Travail l’a rappelé explicitement : il s’agit d’une pause, pas d’un retour pur et simple à l’ancien système antérieur à 2023 pour toutes les générations.
L’âge légal de 64 ans reste l’horizon pour les générations plus jeunes
Sauf nouvelle décision du Parlement, la trajectoire vers un âge légal de départ à 64 ans continuera de s’appliquer aux générations qui suivent celles directement concernées par la suspension. Autrement dit, la mesure ne doit pas être comprise comme l’abandon définitif de l’âge de 64 ans, mais comme un ajustement temporaire du calendrier pour une partie des assurés déjà proches de la retraite.
Les règles de trimestres et de décote ne changent pas
La suspension porte sur l’âge légal de départ, pas sur le nombre de trimestres nécessaires pour obtenir une retraite à taux plein, ni sur les règles de décote applicables en cas de trimestres manquants. Un départ à 62 ans et 9 mois sans avoir validé tous ses trimestres peut donc toujours entraîner une diminution du montant de la pension. Ce point est souvent oublié dans les lectures rapides de la mesure, qui se concentrent uniquement sur l’âge de départ.
La retraite complémentaire suit ses propres règles
Le régime de base (Assurance retraite) n’est pas le seul concerné par un départ à la retraite. La retraite complémentaire, gérée notamment par l’Agirc-Arrco pour la plupart des salariés du privé, répond à des règles et à des coefficients qui lui sont propres, et qui ne sont pas automatiquement alignés sur chaque ajustement du régime de base. Il reste donc nécessaire de vérifier séparément sa situation auprès de sa caisse complémentaire.
Pourquoi tant de confusion
Cette confusion s’explique en partie par la rapidité avec laquelle la mesure a été intégrée au débat budgétaire, via une lettre rectificative plutôt qu’un texte dédié, et par le fait qu’elle ne concerne, dans l’immédiat, qu’une partie des générations visées par la réforme de 2023. Pour éviter toute erreur sur sa propre situation, mieux vaut consulter les sources officielles (Assurance retraite, info-retraite.fr) plutôt que les résumés circulant sur les réseaux sociaux ou certains sites d’actualité.
